L'entre-deux
Édition 2026Ce qui se passe entre deux états, deux lieux, deux moments
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Temps et saisons

L'entre-saisons

De la neige à demi fondue laisse apparaître l'herbe et le sol détrempé le long d'un chemin.
Photo: Arto J — CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Quatre saisons, une convention

Le découpage en quatre saisons est une convention astronomique fondée sur les solstices et les équinoxes. Elle ne correspond pas à l'expérience, qui distingue spontanément davantage de périodes : le dégel, les gelées tardives, la fin de l'été, les premiers froids. Certaines langues ont conservé des mots pour ces intervalles. L'anglais dispose de mud season pour la période boueuse du dégel en Nouvelle-Angleterre. Le français a perdu la plupart des siens, mais garde l'expression entre-saisons, employée surtout à propos du vêtement.

Ce que la phénologie observe

La phénologie étudie le calendrier des phénomènes vivants : floraison, débourrement des bourgeons, arrivée des migrateurs. Ses relevés, dont certains remontent au dix-huitième siècle, sont devenus une source majeure pour le suivi du climat. Ils montrent en Europe une avancée nette de la date de floraison au cours des dernières décennies, de l'ordre de plusieurs jours par décennie selon les espèces. L'entre-saisons se déplace donc, et il se désynchronise : les insectes et les oiseaux qui en dépendent n'avancent pas au même rythme.

Une période difficile à vêtir

L'expression courante en français associe l'entre-saisons au vêtement, et ce n'est pas un hasard. L'amplitude thermique journalière est maximale au printemps et à l'automne, avec des écarts qui dépassent régulièrement quinze degrés entre le matin et l'après-midi. Aucune tenue unique ne couvre correctement cette plage, d'où la règle empirique des couches superposées. Le même phénomène rend le chauffage difficile à régler, car la maison accumule de la chaleur l'après-midi et se refroidit vite la nuit.

Les saisons intermédiaires nommées

Quelques cultures ont donné un nom à ces intervalles. L'été de la Saint-Martin, aux alentours du 11 novembre, désigne en France un redoux de quelques jours ; l'équivalent nord-américain est l'été indien. Le calendrier japonais traditionnel divisait l'année en vingt-quatre périodes, dont plusieurs correspondent précisément à des transitions, comme risshun, le début du printemps, situé début février alors qu'il fait encore froid. Ce découpage fin décrit mieux l'expérience que le partage en quatre.

Pourquoi ces périodes fatiguent

La plainte d'une fatigue au changement de saison est constante, et plusieurs mécanismes documentés y contribuent. La variation rapide de la durée du jour, maximale aux équinoxes avec près de quatre minutes par jour, oblige l'horloge circadienne à un réajustement continu. Les infections respiratoires augmentent avec le retour en intérieur. Le changement d'heure ajoute une désynchronisation. Aucun de ces facteurs n'est spectaculaire ; leur addition suffit à expliquer une baisse de forme qui n'a rien d'imaginaire.

Questions fréquentes

Quand commence le printemps ?
Selon la définition. L'équinoxe astronomique tombe vers le 20 mars, mais les météorologues font débuter le printemps le 1er mars pour disposer de trimestres complets.
L'été indien existe-t-il en France ?
Le phénomène équivalent est l'été de la Saint-Martin. Il n'est ni garanti ni annuel : il s'agit d'une période de redoux anticyclonique, fréquente mais irrégulière.
Le changement climatique supprime-t-il l'entre-saisons ?
Il le déplace et le raccourcit dans certaines régions. Les relevés phénologiques montrent surtout une désynchronisation entre espèces, plus problématique que le décalage lui-même.