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DANIEL DOBBELS

Chorégraphe, danseur et penseur de la danse, contributeur et témoin avisé de l’histoire de l’art, Daniel Dobbels trace au fil du temps une voie unique entre écriture et création. Quel que soit son medium – le mot ou le geste -, il n’a de cesse de l’interroger pour s’approcher au plus près du sensible, dans une visée poétique de l’expérience humaine.
Ses pièces s’offrent comme des traversées intemporelles dans un espace réinventé par la danse. Avec les danseurs de sa compagnie, il mène une exploration minutieuse du geste, fouillant tous les états du corps pour faire émerger ce qu’il retient de plus intime. Du solo au septuor, il invente un art de la relation – de cet entre deux entre l’intérieur et l’extérieur, entre soi et le monde – à la recherche d’une danse qui soit « la justice du corps ».

Son parcours commence comme danseur pour Susan Buirge, et se poursuit pendant dix ans au sein de la compagnie Arcor fondée par Christine Gérard. Avec elle, il chorégraphie ses premières pièces tout en élaborant une œuvre personnelle riche d’une vingtaine d’opus à ce jour.  En 2000, il fonde la compagnie De l’Entre-Deux, reprenant d’abord quelques pièces marquantes comme L’Enfer (création 1987/ recréation 2000, quintet), Est-ce-que ce qui est loin s'éloigne de l'être humain ?, trio inspiré de l’œuvre d’Oskar Schlemmer (création 1999/ recréation 2003 au Théâtre de la Ville de Paris), et She never stumbles, solo dansé par Brigitte Asselineau sur des chansons de Bob Dylan, présenté près de soixante fois depuis sa création en 1997. Il crée ensuite D’un jour à l’autre (2000-2003, « suite irrégulière de cinq pièces »), Ni/Et (2005, trio) et L’insensible déchirure (2006).
En 2007, il entreprend la création des Solitaires, série de quatre soli : L’Echarpe grise, avec Carole Quettier (commande la SACD pour le Vif du sujet 2007), suivis en 2008 par Parfois, la colère tombe avec Anne-Sophie Lancelin, Un temps rare avec Christine Gérard, et Les yeux blonds avec Aurélie Berland. A l’automne 2009, il crée Danser hors de soi (commande de la scène nationale de la Roche-sur-Yon) pour Dominique Petit.
A l’initiative de Michel Caserta, il rencontre le compositeur Gérard Pesson avec lequel il crée deux pièces réunissant les danseurs de sa compagnie et l’ensemble musical 2e2m sur scène : L’épanchement d’Echo (2007, sept danseurs, quatorze musiciens) et Danser de peur (2009, quatre danseurs et quatre musiciens), toutes deux commandes de la Biennale nationale de danse du Val de Marne. Au printemps 2010, il crée Une rencontre informelle (commande du festival Concordan(s)e), pièce poétique et chorégraphique avec l’écrivain Nicole Caligaris et Les plus courts chemins, pièce en trois parties pour cinq danseurs. En juillet 2011, il crée au festival d’Avignon A la gauche de l’espace, pièce pour deux danseuses inspirée par les cariatides et Un son étrange en décembre 2011, solo dansé par Adrien Dantou sur « Van Gogh le suicidé de la société » d’Antonin Artaud lu par Alain Cuny. En 2012 Daniel Dobbels crée La fille qui danse solo pour Carole Quettier sur un texte de Alain Fleischer au festival d’Avignon dans le cadre de la programmation de la Belle Scène Seine-Denis au Théâtre de la Parenthèse ; ainsi que Si(x) danseurs en quête d’auteur, pièce pour 5 danseurs, à l’automne 2012 au Forum du Blanc-Mesnil. L’année 2014 signe la re-création du solo l’écharpe grise créé en 2007, sous forme d’un duo avec Carole Quettier et Matthieu Patarozzi, présenté en mars lors du festival Danse et vous à l’Avant-scène à Cognac. En mai 2014 Daniel Dobbels présente au Théâtre National de Chaillot une pièce pour 9 danseurs intitulée Entre les écrans du temps, pièce inspirée par les mémoires du Palais de Chaillot.

Toutes ces créations sont le fruit d’un compagnonnage au long cours avec de fidèles  collaborateurs et partenaires. Elles jalonnent un ensemble de parcours menés sur la durée, entre création et transmission, au sein de théâtres qui ont accueilli la compagnie en résidence : l’Espal-scène conventionnée du Mans (de 2002 à 2010), L’apostrophe-scène nationale de Cergy-Pontoise (2004), Le Centre de développement chorégraphique de Dijon-Bourgogne (de 2008 à 2011), Le Forum-scène conventionnée de Blanc-Mesnil (de 2009 à 2013), le Théâtre National de Chaillot (de 2012 à 2014). En 2014 la compagnie entame un compagnonnage avec la Scène de Pays dans les Mauges – scène conventionnée « artistes en territoire ».

Parallèlement à ses créations chorégraphiques, Daniel Dobbels a toujours écrit sur l’art. Fondateur de la revue pour la danse “Empreintes” en 1977, il fait partie du comité de rédaction de la revue “Lignes” de 1987 à 1999. Critique d’art pour “Libération” de 1982 à 1992, il est chroniqueur pour les émissions Panorama (1987-1997) et Tout arrive (2003-2007) sur France Culture. Il publie également de nombreux ouvrages sur l'art et la danse comme Le silence des mimes blancs (2006), Des gestes non mortels (2006) et Un art indécomposable (2007). Il écrit actuellement Cent ans de danse à travers cent ans d’histoire de l’art (titre provisoire), à paraître aux éditions Hazan.

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